La pieuvre
Sur le chemin de ma vie, je l’ai croisée
Au détour d’un carrefour improvisé.
Elle m’a paru inerte et sans réaction
Comme une épave échouée sur le fond.
Sans méfiance, je l’ai laissé s’installer
Au milieu de mon corps sans broncher.
A l’apogée de mes instants du bonheur
Elle en a profité aux meilleures heures.
Lentement ses tentacules ont grandi
Prenant une à une mes cellules meurtries.
Jusqu’au jour où on découvre la violence
De cette intruse installée dans mon existence.
La bataille est rude, mais on va la gagner
La médecine a fait d’énormes progrès.
Le médecin connaît bien cette pieuvre
Il en a éliminé d’autres dans son œuvre.
Il faut juste de la patience et du temps
Rien que du temps pour vaincre ce mal latent.
Du moral et la bienveillance de ma femme
Pour combattre cette pieuvre sans âme.
Puis viendra la guérison au bout du chemin
Ne restera que ce mauvais passage en vain.
Une vieille histoire rangée dans la mémoire
Comme on ferme un livre à l’orée du soir.
Et je sais que le réconfort de mes amis
Aura conjuré le sort de cette maladie.
Leurs douces prières pour ma guérison
A vaincu l’impossible dans la raison.
Quand la pieuvre aura quitté mon corps
Comme l’on jette un vieil oripeau dehors.
Alors, je baignerai à nouveau dans le sourire
Et ce bonheur lumineux de toujours écrire.
Lainelle Jean-Marc
Puget sur Argens, le 10 mars 2023